Entete UCA

Candidature Masters et Masters spécialisés
Pour l'année universitaire 2017-2018

Gouvernance des projets solidaires dans les territoires fragiles au Maroc et en Afrique sub-saharienne

OBJECTIFS DE LA FORMATION
L’approfondissement de la mondialisation et l’ouverture de l’ensemble des pays en développement ainsi que des pays émergents se traduit par des avancées en termes de développement mais aussi de très fortes tensions pour les populations les plus vulnérables, notamment dans les territoires les plus fragiles. Au Maroc, les politiques d’ouverture qui se concrétisent notamment par les accords de libre-échange avec l’Europe, les Etats-Unis mais encore avec les pays arabes et africains mettent l’économie marocaine en compétition directe avec des économies parfois plus puissantes et plus productives. Par ailleurs, l’Etat Marocain, à l’instar de nombreux pays, s’est lancé dans une politique de régionalisation qui se traduit par des formes de délégations multiples des prérogatives qui étaient jusqu’à présent essentiellement celles de l’Etat. Ainsi par exemple, les régions, les communes sont amenées à proposer des programmes de développement et à mener des politiques locales pour développer leurs avantages comparatifs. Elles ne peuvent y parvenir qu’en associant d’autres acteurs, comme la société civile, le secteur privé, les organisations citoyennes, les coopératives, les associations.
Se pose alors un problème lié à la gouvernance des politiques publiques. Alors que la dimension verticale dans des structures centralisées prévalait jusqu’à présent, il devient nécessaire d’envisager une démarche horizontale où des acteurs non-hiérarchisés sont parties prenantes de ce qu’il convient d’appeler dorénavant des « actions publiques » plutôt que « des politiques publiques ». En effet, l’Etat n’est plus l’acteur unique de la définition et la mise en œuvre de politiques mais il est l’un des acteurs de dispositifs complexes impliquant nombres d’acteurs engagés dans des « actions collectives ». Ce changement de modèle dans l’administration publique s’impose partout y compris au Maroc. Comment dans ce cadre concilier des acteurs qui le plus souvent ont des intérêts divergents et parfois ne se posent pas les problèmes de manière identique. Le cas du développement durable est particulièrement éclairant : comment les acteurs comprennent-ils les objectifs du développement durable ? Comment se positionnent-ils pour défendre leurs intérêts ? Comment construisent-ils leur légitimité pour peser dans les débats publiques ? Cette question se pose dans les régions fragiles du Maroc et de l’Afrique Sub-saharienne. La mondialisation crée en effet de très forts mouvements de hiérarchisation, d’inégalités et de fragmentations entre les centres et les périphéries. De nombreux individus, communautés ou territoires voient leur vulnérabilité augmenter et sont de fait davantage exposés aux risques globaux. Ils sont d’autant plus fragilisés que l’Etat providence est en crise ou en voie de restructuration profonde ce qui implique la réduction des redistributions et des protections habituelles.
Face à cette montée de la vulnérabilité, les communautés tendent de se protéger et d’augmenter leur niveau de résilience afin de faire face à la brutalité du marché, notamment dans un contexte où l’Etat cesse d’embaucher et d’amortir les chocs.
Afin de trouver un emploi, afin de survivre ou encore pour faire face à leurs besoins, les individus font preuve d’imagination et reconstruisent des solidarités innovantes parfois sur la base de pratiques traditionnelles. Le cas des tontines au Maroc et en Afrique sub-saharienne est un exemple d’innovation sociétale reposant sur des pratiques collectives ancestrales mais se développant dans le nouveau contexte de sociétés marchandes et largement monétarisées. L’économie solidaire est donc l’une des modalités de nouvelles formes de gouvernance permettant aux territoires les plus marginaux de résister au retrait ou à la recomposition du rôle de l’Etat. Il semble assez évident que les problèmes de gouvernance mais encore d’économie sociale et solidaire dans les territoires périphériques vont être amenés à se développer. C’est vrai pour le Maroc qui a favorisé des projets innovants de développement durable mais qui s’appuie sur une expérience séculaire d’institutions collectives comme les coopératives.
De ce fait, Le Master Gouvernance des projets solidaires dans les territoires fragiles au Maroc et en Afrique sub-saharienne a vocation à répondre aux besoins de formation des étudiants et des professionnels intervenant dans le champ du développement durable et solidaire pour des missions de services collectifs et d'intérêt général à l’échelle des territoires.
L'objectif principal du diplôme est la formation de cadres à la conception, à l'animation et au développement de projets de services à dimension collective et d’intérêt général au sein d'entreprises sociales (associations, coopératives, mutuelles, entreprises d'insertion) et des organisations collectives intervenant dans le cadre du développement territorial et de la solidarité (associations, ONG).
Par sa dimension transversale, ce Master a vocation à accueillir des étudiants et des professionnels ayant acquis une licence dans différentes disciplines complémentaires relevant plus particulièrement des sciences du territoire, des sciences humaines et sociales, de la géographie, de la sociologie et de la science politique, des sciences économiques et du droit. L’approche transdisciplinaire des questions est privilégiée dans la formation.
COMPETENCES A ACQUERIR
Le Master vise à développer chez l’étudiant des compétences et des savoirs faire spécifiques allant de la connaissance de la gouvernance solidaire et territoriale au montage de projets et programmes d’action sociale, de la maîtrise des outils d’aide à la décision dans les secteurs de l’économie alternative, du raisonnement global sur le partenariat, la capacité de l’animation territoriale des réseaux locaux, le développement des territoires à une connaissance intime et effective des territoires des Suds, de leurs besoins, de leurs ressources, de leurs valorisations et de leurs mobilisations. La capacité d’évaluer les projets de territoire prend bonne place dans les enjeux de cette formation.
Le Master entend aussi former des citoyens conscients des nouveaux enjeux, y compris démocratiques des actions publiques dans les zones marginales et fragiles. Ces compétences développées principalement (mais pas exclusivement) sur le terrain marocain seront étendues à d’autres pays d’Afrique sub-saharienne qui suivent en quelque sorte, le même chemin emprunté aujourd’hui par le Maroc.
Le Master a donc vocation non seulement à accueillir des étudiants d’Afrique sub-saharienne mais plus largement à former des étudiants marocains qui pourront trouver des débouchés en Afrique. Il est animé par un groupe de personnalités engagées dans lequel sont impliqués des enseignants et des chercheurs étrangers notamment de l’Institut de Recherche pour le développement. L’IRD apporte son soutien au travers différents Laboratoires ou unités de recherche formant ainsi des opportunités de contacts pour les étudiants, notamment dans la perspective d’un parcours académique menant à la thèse de Doctorat.
DEBOUCHES DE LA FORMATION
Formation de cadres et d’opérateurs dans le domaine de la gouvernance pour un développement durable, plus particulièrement en montage de projets solidaires, en mise en valeur et en valorisation des terroirs et des potentialités touristiques, patrimoniales, dans une optique de développement durable. Plus précisément, il s’agit de former des opérateurs performants pour les structures d’économie sociale et solidaire , des fonctionnaires ou représentants qualifiés pour les administrations et collectivités locales et des conseillers régionaux, des animateurs pour de grandes structures d’ESS capables de gérer les projets et les programmes de l’économie alternative et de développement territorial, des médiateurs patrimoniaux et territoriaux, des chargés de missions, des chargés de projets solidaires, des évaluateurs des projets territoriaux et solidaires…etc.
CONDITIONS D’ACCES
Diplômes requis :
  • Etre titulaire d’une licence dans l’une des disciplines majeures : Langue et Littérature Françaises, Anglaises, Espagnoles, Droit, Géographie, Sociologie, Economie, Gestion, Anthropologie, Psychologie…
  • Etre titulaire des licences professionnelles en Tourisme, dans les domaines de développement territorial, d’aménagement du Territoire, du Marketing Territorial, de Développement Social et Humain, du paysage, de la valorisation patrimoniale, d’animation socioculturelle, d’agent de développement social, de gestionnaire d’établissement social.
  • Etre lauréat de :
    • L’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine
    • L’Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises (ISCAE)
    • L’Institut Supérieur International de Tourisme de Tanger
    • L’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme
    • L’Institut National Supérieur d’Economie Appliquée (INSEA)
Procédures de sélection : Etude du dossier, Examen écrit, entretien